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Dream Theater
Black Clouds (poisson d'avril) (2009)
(Roadrunner Records) Enregistré par Mike Portnoy & John Petrucci
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01 – A Nightmare to Remember
02 – A Rite of Passage
03 – Wither
04 – The Shattered Fortress
05 – The Best of Times
06 – The Count of Tuscany |
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Une fois n'est pas coutume, recevoir un album deux mois avant sa sortie officielle relève à présent d'un gage de chance inouï pour nous autres journalistes. Alors que les maisons de disques tentent d'écarter la montée en puissance des pirates sévissant sur la toile comme les rois des sept mers virtuelles, Roadrunner Records ne pouvait décemment pas mal préparer le terrain pour ce qui s'annonce comme la plus grande sortie de l'année, pour nous autres, fans de progressif, voire – n'ayons pas peur des mots : du siècle, rien de moins !
Après l'alléchante mise en bouche suscitée par la pochette de ce nouvel album, dont les vieux croûtons ont pu y déceler des éléments – quitte à faire sauter leur pacemaker – aussi édifiants que 1 + 1 = 2, nul doute que nous avions affaire à la suite du sacro-saint-agenouillez-vous-et-priez-tous-au-nom-de-l'éveil-cosmique, le bien nommé et légendaire Awake ! C'est confirmé, allelujah mes frères ! Oui, Dream Theater s'est remis en question ! Oui Dream Theater a pris congé de sa muse, qui devait certainement lui taper sur le système à force (ah les femmes !) et a décidé de reprendre du poil de la bête pour faire taire une bonne fois pour toutes les mauvaises et vilaines langues putrides de la galaxie progressive.
Parlons peu, parlons bien, ce nouvel album fait le lien avec les thèmes abordés dans Awake. Les idées vont et viennent, font écho et jouent avec nos souvenirs pour repeindre les murs de votre appartement, tellement l'envie de se frapper la tête contre le mur est forte. Tout y est calculé avec une minutie déconcertante, Mike Portnoy a cessé de mal chanter pour laisser un James LaBrie en verve, en pleine possession de son organe. Les textes sont signés John Myung et ô grâce, la basse est enfin audible ! John Petrucci joue d'assurance et renouvelle son parc de riffs et de soli endiablés. Et là, c'est la surprise : Derek is back ! Unbelievable !
L'ange déchu est venu remplacer au pied levé un Jordan Rudess parti remonter le moral des troupes US en Irak, le temps que le plan de retraite d'Obama prenne effet. Si on pouvait s'attendre à ça ! Eh oui, c'est le souffle coupé par cette tonitruante nouvelle que votre serviteur joue d'asphyxie auto-érotique à l'écriture de cette chronique. Rien de compliqué, ce Black Clouds and Silver Linings est le messie tant attendu, ce cri du coeur de ouf de Long Island, une ode à la poésie musicale progressive, Bref, on ne s'ennuie pas une seule nano-seconde, pas la moindre, rien, niet ! C'est la bamba à tous les étages, on touche au sublime, on jubile, on bave !
A présent, nul doute que l'intérêt des autres groupes à poursuivre dans le sillage de leurs maîtres est proche du zéro absolu tant cet album incarne la perfection sur Terre, un enchantement de tous les instants pour nos oreilles. Difficile de rester objectif devant un tel étalage d'excellence, de brio, de maturité, de modestie, de sagesse. Dream Theater tire un trait sur les dix dernières années pour en revenir aux racines, les vraies, profondes et jouissives, celle de la quintessence absolue, LE digne héritier d'Awake. Les tables de la loi sont désormais édictées pour de bon, à se demander ce que nous, journalistes, allons bien pouvoir défendre comme artistes devant l'éclat angélique de ce taj-mahal du riff syncopé éblouissant. Bravo bravo bravo ! On vous aimes les mecs !
Antoine Pinaud
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