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Awake 9

Dream Theater

Awake (1994)

03|08|2006 [00:00:00] Jean-Philippe Haas
Alors que le monde du rock se remet difficilement de la déferlante grunge, Dream Theater continue d’évoluer dans sa dimension parallèle pour sortir un successeur à Images & Words, album fondateur, référence du heavy metal dit progressif et grand succès commercial pour le groupe. Pour cette mission extrêmement périlleuse, Dream Theater prend tous les risques et propose avec Awake un album presque aux antipodes de son prédécesseur, évitant ainsi l'écueil de la copie rassurante.

Difficile d'appréhender un tel « monstre », tout y est démesuré : les atmosphères, la performance des musiciens, la production. Il s'agit incontestablement de l'album le plus progressif, le plus ambitieux de toute la discographie de Dream Theater. Malgré le très accrocheur « 6:00 » qui ouvre les hostilités, Awake est très exigeant et demande une durée d’apprivoisement considérable. Être passé par la case Image And Words auparavant n'est pas forcément un avantage pour l’auditeur, son successeur se montrant beaucoup plus froid, les mélodies moins évidentes, les structures complexes plus nombreuses.

La maturité acquise par les musiciens frappe immédiatement, de manière presque aussi flagrante qu’entre When Dream And Unite et Images And Words. Leur créativité et leur symbiose atteint ici une apogée que le groupe ne connaîtra plus avant Scenes From A Memory. John Petrucci, plus inventif que jamais, balance à tout va rythmiques d’outre-tombe, arpèges mélancoliques et soli improbables pendant que Kevin Moore décoince sa palette sonore et incorpore déjà quelques bidouillages préfigurant sa carrière solo. La basse de John Myung n’a jamais été aussi rythmique et si peu démonstrative tandis que la batterie de Mike Portnoy apparaît paradoxalement beaucoup moins froide et synthétique que sur le prédécesseur d’Awake. Enfin, James LaBrie oublie par instants son chant stéréotypé pour nos offrir quelques-unes de ses plus mémorables performances vocales, toutes en sobriété (« The Silent Man », « Space-Dye Vest ») ou en agressivité (« Scarred », « Lie »).

Malgré sa longueur décourageante, l'album ne souffre d’aucun remplissage : Awake est d’une étouffante densité, et sélectionner l’un ou l’autre titre de l’album à des fins d’analyse relève d’un choix cornélien, tant la spécificité de chacun le rend indispensable à la cohérence de l’ensemble. C’est à peine si on peut reprocher à « Innocence Faded » de ne pas coller à la tonalité générale de l’album, mais bien prétentieux sera celui qui pourra pointer du doigt la faiblesse d’une composition. Impossible néanmoins de passer sous silence le triptyque « A Mind Beside Itself », pierre angulaire de l’album et quintessence absolue de Dream Theater. Ce morceau pose à lui seul et pour longtemps le style du groupe, à savoir un mélange équilibré et fluide de complexité, de virtuosité, de puissance, de mélodie et de finesse : un instrumental technique sans en être abscons (« Erotomania »), un epic très axé sur le chant (« Voices », ça ne s’invente pas) et une ballade acoustique, simple et efficace (« The Silent Man »).

Awake a pu décevoir de nombreux – et nouveaux – fans de Dream Theater par son interprétation parfois clinique, son propos plus heavy. Cet album démontre pourtant de façon éclatante que les américains étaient alors intouchables et prenaient le large pendant qu’une pléthore de groupes s’engouffrait seulement dans la brèche ouverte par Images And Words. En 1994, le prog metal acquérait définitivement ses lettres de noblesse. Depuis, il n’aura que rarement eu autant de saveur. fin
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Black Clouds & Silver LiningsBlack Clouds (poisson d'avril)
Chaos in Motion
Systematic Chaos
Falling Into InfinityOctavarium
Train of Thought - 2
Train of Thought - 1
7
06|08|2006 [16:45:58] flo
Aie... Impossible de laisser passer ça ! Un tel album requérant un tel débat, proposant un contre-pied stylistique ET sonore (prod incluse) au précédent Images&Words et montrant ainsi que DT ne fait pas comme nombre de groupes du genre (répétition de disque en disque) révèle bien qu'il mérite 10 en originalité et 10 en Intérêt : si 12 ans plus tard on se déchire à son propos, soyons raisonnables enfin ! C'est qu'il requiert ces notes ! Sinon à quoi bon ? Que signifierait "interessant" dans ce cas ? Remettons le contexte : c'était il y a 12 ans ! A l'époque, qu'avions-nous ? Rappelerons-nous les albums qui ont eu 10 sur Progressia ? Ceci est une injustice faite à un disque que l'on peut ne pas aimer, certes, mais auquel on doit reconnaitre sa capacité à déchainer les passions plus d'une décade plus tard : rares sont ceux là. Alors Frac', n'aies pas peur de revoir ta position... Ce disque, comme son prédécesseur, est *déjà* entré dans les incontournables du metal prog. Progressia ira-t-il contre l'Histoire du genre ? Donnera-t-on à ce disque une note inférieure à certains qui sont pourtant un cran en deça ?
04|08|2006 [11:45:04] jeepax
@Krakatau : tu as un titre complet d' "Awake" (The mirror) disponible sur Progarchives.com. C'est un morceau très métallique, qui révèle la facette la plus heavy de cet album. Par ailleurs tu as possibilité d'écouter des extraits sur last.fm, me semble-t-il. Les sites marchands comme amazon ou cduniverse proposent également des extraits mais ceux-ci sont trop courts et de trop piètre qualité pour se faire une idée.
04|08|2006 [11:16:07] jeepax
C'est très exactement ce que je dis : aimer "Images And Words" n'est pas forcément un avantage pour apprécier "Awake". Le côté un peu FM de certains titres disparaît au profit de compos beaucoup plus ambitieuses. Quant au "travers" du genre, ceux-ci n'existaient pas puisque c'est Dream Theater qui l'a inventé, le genre :-) "Images & Words" contient au moins autant de démonstration technique par rapport à sa longueur qu' "Awake". Sur "Space-Dye Vest", c'est bien Labrie qui chante. Le morceau a été composé par Moore. Et pour finir, partant du principe que RIEN DE TEL n'avait jamais été fait à l'époque, le 10 d'originalité était justifié ! Aaaaaaah, Dream Theater et Progressia, une belle histoire :-)
04|08|2006 [10:52:34] floydzzz
Enfin, James LaBrie oublie par instants son chant stéréotypé pour nos offrir quelques-unes de ses plus mémorables performances vocales, toutes en sobriété (« The Silent Man », « Space-Dye Vest ») ou en agressivité (« Scarred », « Lie »). « Space-Dye Vest » je dis peut être une bétise, mais c'est pas Kevin MOORE qui chante (c'est d'ailleurs uen chanson d'un de ses albums solo...) merci pour la réponse... ?
04|08|2006 [10:11:13] fracture
Mouhahahaha continue à nous envoyer des chros de DT, Jeep', c'est trop rigolo! Je ferais remarquer au lecteur assidu de notre webzine (et je l'en remercie) que j'ai diablement mis le holà sur la verve de notre chroniqueur puisque j'ai baissé sa note d'originalité de 10 à 9. ;o)))) Bon, c'est pas tout ça, je m'en vais écouter Ahleuchatistas et The Appleseed Cast... :oP
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