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Merveille absolue
Réussite intemporelle
Triomphe artistique
Performance solide
Effort louable
Equilibre fragile
Tentative vaine
Echec cuisant
Reconversion obligatoire
Vide intergalactique
Ahvak
Ahvak (2004)
24|02|2004 [00:00:00] Eric VerdinEn marge de son propre groupe 5UU'S, l'américain Dave Kerman multiplie les collaborations (U Totem, Motor Totemist Guild, Thinking Plague, Présent et Blast) au point de devenir le pilier incontournable de la scène "avant-progressive" internationale. Installé depuis quelques années à Tel-Aviv, il semblait logique de retrouver le batteur, avide de nouvelles aventures musicales, au sein d'une formation locale.
Celle-ci, née de la rencontre de deux passionnés de rock progressif, Ishay Sommer (basse) et Roy Yarkoni (claviers), avait pourtant à l'origine comme vocation d’adopter les convenances symphoniques du genre. L'arrivée du guitariste Yehuda Kotton et de Udi Susser (claviers, bois) a permis à Ahvak de définir sa nouvelle orientation, évoluant vers une forme d'avant-garde progressive.
Séduit par la qualité de leur matériel instrumental, Kerman y trouva alors place, apportant savoir-faire et crédibilité. Il convia également le producteur Udi Koomran, précieux complice depuis son arrivée en Israël, à prendre part au projet. En charge de l'enregistrement de l'album, Koomran est aussi conduit à occuper une part entière du processus créatif avec ses concepts innovants de traitement sonore informatique.
Principaux compositeurs, Susser et Yarkoni bénéficient d'une solide éducation musicale qui leur permet d'explorer avec aisance le « rock de chambre ». Paradoxalement, le folklore moyen-oriental est préféré à une inspiration en provenance d'Europe centrale. La musique Klezmer (NdRC : musique folklorique plutôt festive des Juifs d’Europe de l’est et Balkans, originaire de la fin du XIXe et qui a beaucoup pris depuis à la musique tzigane et au jazz. Certains courants ont évolué vers le rock, cf. Klezmatics) se trouve en partie mêlée à l'influence des grands compositeurs contemporains issus de cette même partie du continent, Bartok et les sérialistes viennois en tête
Au coeur de pièces parfois longues (« Ahvak » et « Hafem Ahakim » avoisinent le quart d'heure), maîtrise du langage dodécaphonique et goût prononcé pour la dissonnance font bon ménage. Une complicité profonde lie les deux claviéristes dans l'ébauche de constructions ouvragées à l'élégance sauvage. Malmenées par des rythmiques à l'emboîtement ésotérique, les frénétiques montées en puissance n'en deviennent que plus jouissives. Quelques séquences à la beauté intrigante et dont la quiétude n'est pas gratuite n'ont d'autre choix que de laisser place à ce formidable tourbillon, orchestré par un piano obsédant, une flûte volubile ou le kit d'un Kerman survitaminé. La guitare de Kotton, maniée avec la dextérité perverse de l'autodidacte n'a pas davantage l'intention d’épargner l’auditeur. Pour autant, cette densité savamment distillée procure indéniablement un grisant tournis. Comme si le surréalisme de Samla Mammas Manna se jouait du cynisme oppressant d'Univers Zero.
Avec un premier album de haut niveau à la maturité déjà affirmée, cette jeune formation rejoint d'emblée les ténors du rock in opposition actuel.
Celle-ci, née de la rencontre de deux passionnés de rock progressif, Ishay Sommer (basse) et Roy Yarkoni (claviers), avait pourtant à l'origine comme vocation d’adopter les convenances symphoniques du genre. L'arrivée du guitariste Yehuda Kotton et de Udi Susser (claviers, bois) a permis à Ahvak de définir sa nouvelle orientation, évoluant vers une forme d'avant-garde progressive.
Séduit par la qualité de leur matériel instrumental, Kerman y trouva alors place, apportant savoir-faire et crédibilité. Il convia également le producteur Udi Koomran, précieux complice depuis son arrivée en Israël, à prendre part au projet. En charge de l'enregistrement de l'album, Koomran est aussi conduit à occuper une part entière du processus créatif avec ses concepts innovants de traitement sonore informatique.
Principaux compositeurs, Susser et Yarkoni bénéficient d'une solide éducation musicale qui leur permet d'explorer avec aisance le « rock de chambre ». Paradoxalement, le folklore moyen-oriental est préféré à une inspiration en provenance d'Europe centrale. La musique Klezmer (NdRC : musique folklorique plutôt festive des Juifs d’Europe de l’est et Balkans, originaire de la fin du XIXe et qui a beaucoup pris depuis à la musique tzigane et au jazz. Certains courants ont évolué vers le rock, cf. Klezmatics) se trouve en partie mêlée à l'influence des grands compositeurs contemporains issus de cette même partie du continent, Bartok et les sérialistes viennois en tête
Au coeur de pièces parfois longues (« Ahvak » et « Hafem Ahakim » avoisinent le quart d'heure), maîtrise du langage dodécaphonique et goût prononcé pour la dissonnance font bon ménage. Une complicité profonde lie les deux claviéristes dans l'ébauche de constructions ouvragées à l'élégance sauvage. Malmenées par des rythmiques à l'emboîtement ésotérique, les frénétiques montées en puissance n'en deviennent que plus jouissives. Quelques séquences à la beauté intrigante et dont la quiétude n'est pas gratuite n'ont d'autre choix que de laisser place à ce formidable tourbillon, orchestré par un piano obsédant, une flûte volubile ou le kit d'un Kerman survitaminé. La guitare de Kotton, maniée avec la dextérité perverse de l'autodidacte n'a pas davantage l'intention d’épargner l’auditeur. Pour autant, cette densité savamment distillée procure indéniablement un grisant tournis. Comme si le surréalisme de Samla Mammas Manna se jouait du cynisme oppressant d'Univers Zero.
Avec un premier album de haut niveau à la maturité déjà affirmée, cette jeune formation rejoint d'emblée les ténors du rock in opposition actuel.
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