ENTRETIEN : MISSTRIP
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Origine :France
Style : Trip-rock
Formé en : 2001
Line-up :
Virginie – chant
Charles – basse
Fred – guitares, machines
Arno – batterie, machines
Dernier album : Sibylline (2006)
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Avec leur premier album Sibylline, les Angevins de Misstrip viennent de frapper très fort. Entre rock, trip-hop et électro, le quatuor y fait d’ores et déjà preuve d’une personnalité bien affirmée et d’une grande maturité. Un entretien avec le groupe s’imposait donc !
Pouvez-vous vous présenter et nous résumer votre parcours ?
Arno : Nous nous connaissons depuis le lycée, cela remonte à une dizaine d’années. Nous avons joué à cette époque dans un groupe amateur plutôt orienté pop rock. A la fin de nos études nous nous sommes séparés : Virginie est partie en Espagne, Fred en Angleterre… Fin 2001, Fred et moi-même nous sommes retrouvés pour monter un projet plus électro. Nous avons alors recontacté Charles et Virginie, et c’est à ce moment que Misstrip est né. Nous avons ensuite sorti un premier maxi autoproduit en 2004, réalisé avec Kristof. (NdR : ingénieur-son de longue date du groupe, aussi bien sur scène qu’en studio)
Votre musique est extrêmement variée et à la croisée de nombreux styles. Comment la décririez-vous à quelqu’un ne l’ayant jamais écoutée ?
Nous préférons donner des adjectifs plutôt que des noms de groupes ou des étiquettes. Par exemple : sombre, mélancolique, puissant, mais aussi apaisé, lumineux par certains côtés, notamment en ce qui concerne le chant…
Cette diversité se retrouve-t-elle également dans vos goûts musicaux ?
Oui, c’est indéniable. Personne ne nous croirait si nous disions que nous n’écoutons que de la bossa-nova ! Nos goûts vont de la world music au metal, en passant par la new wave, la pop, l’électro…
Etait-ce un calcul de votre part d’intégrer autant d’influences différentes, ou est-ce venu naturellement ?
Fred : C’est venu naturellement.
Virginie : Nous avons des goûts assez différents, et c’est la fusion de ces influences ainsi que notre attirance vers des univers sombres et mélancoliques qui font le style de Misstrip.
Comment se déroule le processus de composition au sein du groupe ?
Arno : Nous commençons généralement par utiliser les machines. Nous créons des ambiances qui vont ensuite nous inspirer, d’abord pour les instruments acoustiques, puis pour le chant lorsque Virginie vient poser ses mélodies et ses textes. Nous espérons par la suite réussir à procéder dans un ordre différent, en partant par exemple d’une ligne de chant ou d’une ligne de basse… Mais pour l’instant nous partons le plus souvent des machines.
Virginie, ta voix est très versatile. Comment as-tu développé ce registre ? As-tu suivi une formation ?
Virginie : J’ai travaillé mon chant, mais je pense que la diversité est venue du travail sur les machines, qui apportent une autre dimension au chant. En fait, j’ai essayé de marquer les contrastes qu’il peut y avoir dans notre musique : adopter un timbre plus agressif sur les passages les plus puissants, jouer sur la sensualité sur les passages les plus posés… J’essaie de nuancer mon chant en fonction des ambiances développées.
Votre premier album Sibylline vient de sortir sur le label Prikosnovénie, plutôt spécialisé dans les musiques world et éthérées. Vous êtes donc un peu à part dans leur catalogue. Quels avantages et inconvénients trouvez-vous à cette situation ?
Arno : Nous avons récemment eu l’occasion de participer à une émission radio sur Nantes en compagnie d’Arnaud du label. Lorsqu’il a évoqué Prikosnovénie, il n’a pas forcément cherché à définir un style. Leur étiquette leur est un peu tombée dessus, même s’il est vrai qu’elle correspond assez bien à l’ensemble de leur catalogue. Je pense que la signature de Misstrip a été une ouverture pour eux : ils y trouvaient un lien avec le reste de leur catalogue au niveau du chant féminin, et ils trouvaient sans doute aussi un petit côté « féérique », porté sur l’imaginaire, à notre musique.
En outre, le rapport humain avec ce label nous a bien plu. C’est une structure modeste mais dans laquelle nous nous sentons à l’aise. Ils nous laissent une certaine liberté, et ne nous brident pas au niveau de la composition par exemple.
Virginie : Ils ont fait un superbe effort pour notre promotion, peut être justement parce qu’ils ont une nouvelle image à défendre par notre biais.
Votre musique accorde une large place à l’électronique, et est de manière générale très « produite ». Est-ce difficile de la transposer sur scène ? Avez-vous dû réarranger vos morceaux ?
Arno : Oui, notamment ceux qui ne contiennent pas de batterie dans leurs versions studio, ce qui nous semblait moins intéressant sur scène. Cela leur donne donc un côté plus rock, il y a une énergie sur scène qu’on ne retrouve pas forcément sur CD. En tout cas, nous nous lâchons et essayons de nous faire plaisir !
Ne craignez vous pas de proposer une musique trop rock pour les amateurs d’électro ou de trip hop, et à l’inverse trop électro pour les amateurs de rock ?
C’est possible. Mais on peut aussi voir notre musique comme une porte ouverte dans les deux sens. L’amateur de rock va peut-être y trouver une pointe électro qui lui donnera envie de découvrir des musiques plus électroniques, et inversement.
Qu’est-ce que cela vous inspire d’être chroniqués sur un site spécialisé dans les musiques progressives ?
C’est une bonne chose ! Actuellement nous avons également beaucoup de chroniques dans la presse et sur les sites gothiques, alors que c’est un milieu que nous connaissons peu. Je pense qu’un lien est également possible avec les musiques progressives : nous n’avons pas de structure vraiment établie et sommes ouverts à la progression.
Vous avez réalisé un clip pour le titre « A Ticket To Death ». Comment cela a-t-il eu lieu ?
A la base, il s’agit d’une rencontre avec l’école de cinéma Cinécréatis à Nantes. Nous avons rencontré le réalisateur Rémy Gente sur un concert, et notre musique lui a parlé. Nous avions quelques idées visuelles liées aux textes de Virginie sur ce morceau, qui traite des femmes battues. Nous avons donc mis le projet en route et ça a été une très bonne expérience.
Le clip a été tourné à Couëron (NdR : en périphérie nantaise) dans une ancienne usine à plomb désaffectée. Nous nous étions dit que si le résultat plaisait à tout le monde nous le mettrions sur l’album, et ça a été le cas. Rémy et son équipe ont fait de l’excellent travail.
Virginie : Nous avons d’ailleurs un autre projet en prévision avec lui. Nous ne voulons pas en dire plus pour l’instant, mais nous souhaitons vraiment continuer à travailler avec lui. C’est quelqu’un qui comprend notre univers.
« Marvellous Pills » est en écoute sur Progressia. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce titre ? Le jugez-vous représentatif de l’album ?
Il regroupe assez bien les différents aspects du groupe : la sensualité, la puissance, les machines mises en avant mais aussi la batterie, qui est traitée mais bien présente.
Arno : Quand nous avons créé ce titre, nous avons senti qu’il avait du potentiel en termes d’efficacité. Ce n’est pas forcément notre titre le plus sensible, mais nous avons souhaité avant tout le rendre aussi efficace que possible.
Fred : Ca a été l’un des morceaux les plus rapides à composer, je pense.
Arno : C’est un morceau qui n’y va pas par quatre chemins, que l’on a voulu assez lisible, et qui traduit certains aspects de notre univers.
Quels sont vos projets, vos objectifs suite à la sortie de l’album ?
Nous espérons tourner beaucoup, faire des concerts pour montrer ce que nous valons, faire découvrir notre musique… Ce serait pas mal de gagner un peu de thune aussi ! (rires) Vivre de notre musique reste l’un des objectifs majeurs du groupe.
Nous espérons sortir d’autres albums, pourquoi pas des projets cinématographiques… Nous lançons d’ailleurs un appel : si des gens sont intéressés par notre univers et pensent qu’il peut coller avec leurs images, c’est une chose qui nous plairait beaucoup.
Virginie : Nous avons également quelques connexions à l’étranger, en Allemagne notamment. Nous aimerions aller y tourner.
Un mot de la fin pour les lecteurs de Progressia ?
Arno : Bonne écoute à vous !
Virginie : Venez nous rendre visite sur le site, les informations sont régulièrement mises à jour.
Arno : Nous espérons que vous viendrez nous découvrir sur scène, pour découvrir un autre aspect du groupe suite à l’écoute du CD, avec une énergie live qui apporte quelque chose de différent. Et puis... longue vie à Progressia !
Propos recueillis par Rémy Turpault
site web : http://www.misstrip.fr
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